L’administrateur judiciaire est un mandataire de justice « chargé par décision de justice d’administrer les biens d’autrui ou d’exercer des fonctions d’assistance ou de surveillance dans la gestion de ces biens » (article L. 811-1 du Code de commerce).

Auxiliaire de justice, il relève d’une profession réglementée, dont l’autorité de tutelle est la Chancellerie. Il fait l’objet de contrôles permanents par un commissaire aux comptes et un contrôle triennal organisé par la profession avec transmission des rapports à la Chancellerie et au Conseil National des Administrateurs et Mandataires Judiciaires.

Spécialiste de la crise, son action, les efforts qu’il déploie et les moyens qu’il met en ouvre sont unis pour contribuer au redressement de l’entreprise.

Ailleurs exercé par des avocats ou des experts comptables, le statut d’administrateur judiciaire est une spécificité française. Désigné par les tribunaux, il rend compte du déroulement de sa mission auprès de ses mandants (la juridiction, les dirigeants ou les associés, selon la mission qui lui a été confiée) sans que la finalité de ses interventions ne soit la satisfaction individuelle du demandeur à la mission ou de l’administré, mais bien celle de l’ensemble des parties intéressées.

A rebours d’autres professions libérales réglementées, l’administrateur judiciaire n’a pas de clientèle. Son rôle se distingue ainsi de celui d’un avocat en ce qu’il n’intervient pas pour assurer la défense des seuls intérêts particuliers de l’une des composantes de l’entreprise (dirigeant, salariés, créanciers, actionnaires…), quelle qu’en soit sa légitimité.

Ce faisant, il conserve une indépendance certaine, garante du bon déroulement de la procédure. Intervenant dans un contexte favorable à son action, il peut préconiser les solutions qui permettront la prise en compte et la satisfaction des intérêts de l’entreprise dans son ensemble et sa globalité, afin d’en préserver la pérennité.

L’administrateur judiciaire présente, par ailleurs, des garanties académiques, souvent pluridisciplinaires, complétées par une formation pratique exigeante.

Nécessairement titulaire d’un bac +4 dans le domaine du droit ou des sciences économiques et de gestion des entreprises, d’un DESCF (diplôme d’études supérieures comptables et financières), ou un DEC (diplôme d’expertise comptable) (Articles R 811-7 et R 812-4 du Code de Commerce), la nouvelle génération d’administrateurs judiciaires est par ailleurs souvent diplômée des grandes écoles de commerce.

L’accès à la profession s’effectue au terme d’un stage professionnel de trois ans, encadré par un examen d’entrée et un examen de sortie sanctionnant l’aptitude aux fonctions.

L’administrateur judiciaire ne peut enfin exercer qu’à condition d’être inscrit sur la liste établie par la Commission Nationale d’Inscription et de Discipline, le Conseil National des Administrateurs et Mandataires Judiciaires étant par ailleurs appelé à donner son avis sur toute nouvelle inscription.

FHB exerce exclusivement la profession d’administrateur judiciaire afin de garantir aux tiers sa parfaite indépendance.

Bien que rattaché à une Cour d’appel, l’administrateur judiciaire a compétence sur l’ensemble du territoire national ; une majorité d’administrateurs judiciaires exerce régulièrement leur activité en France.

L’administrateur engage sa responsabilité civile et pénale dans le traitement de ses mandats. Pour exercer, il est obligatoirement adhérent à la Caisse Nationale de Garantie qui assure sa responsabilité civile professionnelle, ainsi que la garantie des fonds qui lui sont confiés, obligatoirement à la CDC.

Le système d’assurance professionnelle des administrateurs judiciaires est parmi l’un des plus protecteurs au monde avec des niveaux de garantie supérieurs à la plupart de ses homologues étrangers.